Comment se calcule le prix du livre ?

prix du livre

Entre le prix unique du livre et les revendications des auteurs, appuyées par le rapport Racine, il devient difficile de savoir quel est le prix juste pour un ouvrage. Auteurs, éditeurs et libraires, pour ne citer que quelques-uns des acteurs du livre, ne sont pas tous d’accord sur ce sujet. Un petit éclairage s’impose.

Qu’est-ce le prix unique du livre ?

Depuis 1981, et afin que tous les libraires soient sur un pied d’égalité, le prix unique du livre a été établi par la loi. Il ne signifie pas que tous les romans doivent coûter le même prix : chaque éditeur reste libre de fixer ses tarifs. Par contre, il implique que, dans tous les points de vente, tous les exemplaires d’un même ouvrage doivent être vendus au même prix. Ce type de loi concernant le prix du livre est appliqué dans de nombreux pays d’Europe.

Les libraires sont toujours susceptibles de proposer des remises (comme on le voit dans certaines enseignes), dans la limite de 5 % du prix déterminé par l’éditeur. Le but est que les libraires indépendants ne voient pas trop leur chiffre de vente rogné par des grosses structures (comme on peut le voir concernant la différence de prix entre les supermarchés et les petites épiceries).

Depuis 2011, la loi pour le prix unique du livre s’applique aussi pour les livres numériques.

Comment se répartissent les gains sur le prix du livre ?

Contrairement à ce que croient beaucoup de lecteurs, l’auteur ou l’autrice d’un ouvrage n’est pas celui qui gagne le plus sur ses ventes.

En règle générale, voici la répartition qui s’applique sur le prix du livre :

  • 21 % de celui-ci revient à l’éditeur, ce qui lui sert à payer l’impression, la mise en page, la couverture, le stockage…
  • 15 % sont pour l’imprimeur
  • 20 % sont prévus pour la distribution et la diffusion (ce qui permet au livre d’être chez les libraires)
  • entre 30 et 40 % sont prévus pour les libraires
  • seulement 8 à 12 % du prix de vente reviennent à l’auteur.

Ces marges sont bien évidemment variables : certains auteurs touchent plus de droits d’auteur (souvent les auteurs les plus connus) et d’autres, beaucoup moins (notamment dans l’édition jeunesse). Ce qui pousse de plus en plus d’auteurs à demander une rémunération minimum de 10 %. Cependant, nombre d’éditeurs restent encore frileux sur cette revendication.

Comment vivent les auteurs ?

Les auteurs se sentent parfois considérés comme les parents pauvres de l’édition (de même que les illustrateurs et les traducteurs). Ils fournissent la matière première, mais sont ceux qui gagnent, proportionnellement, le moins.

Certains se tournent alors vers des solutions alternatives. Il en est ainsi de l’auto-édition. Ce système permet à l’auteur de se passer d’intermédiaires afin de proposer directement ses ouvrages à ses lecteurs. La marge touchée sur le prix de chaque livre est donc, mathématiquement, plus importante. Même si cette solution ne l’empêche pas de vendre en librairies, elle implique souvent des difficultés à s’intégrer dans les réseaux existants.

Les auteurs peuvent aussi proposer des formations portant sur leur spécialité. C’est ainsi que des célébrités comme Bernard Werber ou Eric-Emmanuel Schmidt ont choisi d’améliorer leurs fins de mois. Quoi qu’il en soit, des réflexions sont encore en cours pour améliorer le statut des auteurs, afin qu’ils profitent un peu mieux de la vente de leurs ouvrages.