A force de voir « Replay » en tête de gondole dans tout ce que la capitale compte en libraires, j’ai fini par craquer. Quelque part, on est toujours aimanté par ces grands succès publics, en ces temps de vache maigre pour notre chère industrie. Pourquoi « Replay » et pas un autre ? Qu’est ce qui va pousser une majorité de lecteurs qui lisent 2 ou 3 livres par an à le choisir ? Si on regarde le top 10 des ventes de poches de LA grande chaine de magasins multimédia, on y trouve : Du policier, des livres dont les films sont à l’affiche, quelques classiques grecs pour nos charmants collégiens et « Femmes de dictateurs » (« La délicatesse » aussi évidemment…). Il ne s’agit pas ici pour moi de dévaloriser quelques types de littérature ou profils de lecteurs, tant que des gens lisent même un peu, des auteurs continuent d’avoir la possibilité de publier. La question est plutôt de savoir comment un ouvrage plutôt atypique, entre fiction et uchronie, arrive à se tailler une place dans le cœur des acheteurs.
L’avis de JB
Chronique d'un infarctus annoncé
Jeff Winston, 43 ans, est en train de mourir d’une crise cardiaque en cette journée d’octobre 1988. Alors qu’il attend logiquement de voir défiler sa vie ou d’entre-apercevoir une vive lumière blanche, il se réveille dans la chambre où il fut étudiant, 25 ans plus tôt. Le temps de reprendre ses esprits, il comprend alors qu’il est bien revenu au début des années 1960. Kennedy n’est pas encore mort, Microsoft n’existe pas, tout un champ de possibles s’offre à Jeff pour remodeler sa vie à l’image de ses rêves les plus fous.
Souvenez-vous d’« Un jour sans fin », ce film ou Bill Murray revit chaque jour la même journée. Sorti en 1993, le film est rentré depuis au panthéon de la cinématographie comique américaine.
Malgré ses nombreux héritiers ou précurseurs littéraires, le sujet abordé dans la production d’Harold Ralis suscite toujours autant d’intérêt, et pour cause : Que feriez-vous si vous pouviez changer votre passé ? Une interrogation légitime et universelle qui parle à tous, bingo Ken Grimwood en a fait un livre, publié en 1987 et lauréat de plusieurs prix, dont le « world fantasy award » (un peu méconnu, j’en conviens).
Il semblerait qu’avant sa mort, en 2003 (d’une crise cardiaque, le destin j’imagine), l’auteur travaillait sur une adaptation cinématographique qui n’a pas vu le jour. Pas grave, la Warner est là et un nouveau projet est en route, avec peut-être Robert Zemeckis à sa tête (qui dit Beowulf, je réponds producteur des « contes de la crypte »)
Le toit a du mal à prendre feu...
La petite recette que nous a concocté Ken Grimwood peut paraitre ambitieuse mais elle est au final assez simple :
- Un brin de fiction portée par un héros « monsieur-tout-le-monde » avec une vie plutôt middle class américaine
- Un léger soupçon de science fiction mais pas suffisamment pour apeurer le quidam
- Un sujet nous l’avons dit très sexy qui parlera à tout le monde.
Enrobé d’un écrin en carton et d’une couverture cinématographique, et il n’y a plus qu’a re-marketer une vieille gloire qui a fait ses preuves.
De retour dans son corps estudiantin, notre héros, Jeff, décide de passer les prochaines années à profiter de ses connaissances inédites pour faire fortune. Pari sportif, investissement en pagaille, rien de plus simple quand on connait le film des 25 prochaines années à l’avance. C’est lorsqu’il tente de conquérir celle qui dans sa vie originelle deviendra sa femme qu’il se rend compte que la fortune et la renommée n’ont pas fait son bonheur. Pas grave, il meurt comme convenu en 1988 à nouveau… et c’est reparti pour un tour, il renait encore un peu plus âgé.
Pendant les quelques heures que durent la lecture du roman, tout y passe. Le ton est assez moralisateur, et le livre est rempli de bons sentiments et d’énormes clichés. Les nombreuses renaissances de notre héros sont autant de prétexte à la construction de la petite démonstration. Rien ne sert de se bâfrer d’argent, cela ne rend pas heureux. Rien ne sert de rester avec une femme que l’on n’aime pas vraiment, retour aux chose vraies, ce genre quoi ! Bien que l’histoire ne soit pas désagréable à lire, en soi, on s’ennuie finalement vite. Une nouvelle d’une centaine de pages aurait été, à mon sens, plus à propos, permettant de concentrer la force du sujet.
D’autant qu’à vouloir faire de son protagoniste principal un héros qui vous ressemble, l’auteur a eu du mal à lui donner un vrai rôle. Jeff est tellement intégré comme outil faisant marcher la machine du récit qu’il peine à exister par lui-même, ce qui est gênant quand on doit relire à plusieurs reprises le récit de sa vie.
Le style, bien que simple, est vraiment très descriptif. Cela manque un peu de personnalité à mon goût, et il n’est pas rare de tomber sur quelques lourdeurs. L’écriture est dans la même veine, reléguée au dernier rang. Cela manque d’énergie, de singularité et de charisme.
Tout cela me donne l’amère impression que l’auteur a pensé que l’histoire suffirait à faire vendre le livre et qu’il ne s’est ensuite pas trop foulé pour écrire, sans faire de gros écueils : dommage !
A lire ou pas ?
Non. C’est très « vanilla » comme disent les américains, coloré et gentil mais cela manque franchement de caractère et de travail d’écriture. « Replay » n’est pas un mauvais roman, entendons-nous bien. Vous pouvez passer un agréable moment en faisant abstraction de…Pas mal de choses. Un bon roman de gare ? Patience, on en reparle la semaine prochaine sur le Bdb….
Soutenez le Blog des Bouquins en achetant Replay
sur Amazon.fr



Merci à toi ! j'ai failli l'acheter la semaine dernière. Aucun regret donc :)
RépondreSupprimerJ'te le recommande... C'est une trés belle histoire
Supprimercontente de l'avoir lu. le style est simple comme plein d'autres livres à succés.
RépondreSupprimerà lire
Je suis "entré" rapidement dans ce livre pour ne plus le lâcher...Style efficace, pas trop de fioritures, des clichés parfois mais rien de rédibitoire. Au contraire c'est un excellent bouquin.
RépondreSupprimerA dévorer !
"Bien que l’histoire ne soit pas désagréable à lire, en soi, on s’ennuie finalement vite"
RépondreSupprimerje partage et d'ailleurs... je n'ai pas été au bout!
Pour ma part, un livre que j'ai dévoré. Une histoire simple mais bien écrite et qui tient en haleine. Les tentatives pour réussir chaque nouveau replay sont crédibles et originales à la fois.
RépondreSupprimerJusqu'au dernier moment, on se demande où l'auteur veut en venir.
Sans doute pas une chef d'oeuvre mais un très bon que j'ai lu avec plaisir et que je recommande sans retenue.
Salut Laurent si tu devais résumer l'œuvre Relay(en une quinzième de ligne par exemple) tu en dirais quoi toi ... ? pourrait tu m'aider :)
SupprimerTrés bon livre..
RépondreSupprimerUne belle histoire, agréable à lire où l'on se pose des questions sur soi ... simplicité de style qui n'enlève rien à l'intérêt du livre. Seule la fin n'est pas terrible mais aucun regret : je l'ai relu encore une fois !
RépondreSupprimerSalut Laurent tu devais résumer l'œuvre Relay(en une quinzième de ligne) tu en dirais quoi toi ... ?
RépondreSupprimerSI ON DEVAIT RESUMER L4OEUVRE JE DIRAIT QUE SES EXTRA QUE LE LIVRE EN BIEN EST QU4IL EST A LIRE
RépondreSupprimer